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jeudi 2 février 2012

LE RPT A LA CROISEE DES CHEMINS

Etre ou ne pas être : telle est, semble t-il, la question qu’au faite de sa gloire, le parti au pouvoir au Togo se pose.
Au lendemain de la conférence Nationale, le Haut Conseil de la République (HCR)avait procédé à une dissolution avortée du Rassemblement du Peuple Togolais (RPT). Et pour cause, cet acte posé par les partis rivaux et des personnalités, qui nourrissaient ouvertement l’ambition de remplacer le RPT et son président Fondateur le Général Eyadèma GNASSINGBE, apparaissait comme un coup de force inacceptable, une provocation, dont les conséquences furent une reprise en main totale du pouvoir par le RPT.
Aujourd’hui la question revient sur le tapis, et elle se pose d’abord au niveau des instances du parti même.
Et parce qu’il s’agit d’un parti qui s’appelle Rassemblement du Peuple Togolais, chaque citoyen Togolais, chaque élément de l’ensemble, Peuple Togolais a le droit de s’inviter au débat.
Telle est la démarche de cette libre opinion.

La leçon de l’histoire


Pour un éclairage scientifique des Togolais sur la question, interrogeons l’histoire, la mère des sciences.
Elle nous apprend que le RPT a un sosie, le Rassemblement du Peuple Français (RPF) créé en 1947 par le Général de Gaule. Ce parti est mort d’une belle mort, celle que l’intelligence du peuple français, qu’il prétendait rassembler, lui a prescrite, et que son fondateur a lui-même exécutée huit ans seulement après sa création.
A la création du RPF à 1947, ce parti a recruté un nombre important d’adhérents. La reconnaissance au grand vainqueur de la seconde guerre mondiale, l’enthousiasme de nombreux résistants et la ruse de certains collaborationnistes qui ont trouvé en lui le refuge idéal pour des gens discrédités par la défaite allemande, avaient gonflé ses rangs. Son objectif aussi était mobilisateur pour une partie du peuple qui venait d’endurer d’atroces souffrances, celles de la seconde guerre, qui avait confié son destin à Dieu, et qui voyait le communisme, qu’on croit athée, triompher partout.
Oui ! Les militants du RPF se sentaient investis d’une mission : l’éradication du communisme. Un communisme triomphant alors ! Les armées de Staline n’avaient –elles pas été les premières à faire subir des revers graves aux troupes nazies à Stalingrad, à arrêter un général allemand, à entrer dans Berlin ?
En plus, le parti communiste Français aux lendemains de la guerre avait su mobiliser la classe ouvrière, qui a le plus souffert de cette guerre, pour demander des comptes. Vaste programme.
En s’engageant à fond dans la lutte contre le péril rouge en France, et dans la recherche des institutions les plus appropriées pour la stabilité politique du pays, De Gaule avait oublié l’Indochine, l’Algérie.
Le peuple français, pas celui que rassemblait le RPF, le vrai, celui de l’histoire en marche l’abandonna, lui et son parti. Le coup de grâce viendra des députés du RPF même, qui contre l’avis du Général de Gaule votent l’investissement du gouvernement d’Antoine Pinay
En 1955, fidèle à son intelligence et à son sens de la stratégie, le général de Gaule « mettait en veilleuse » le RPF, une façon élégante de reconnaître qu’il avait échoué.


La leçon de la logique


La leçon de l’histoire rejoint celle de la logique. Un peuple est composé de différentes sensibilités que captent et gèrent différents partis politiques dans une démocratie.
Capter une ou plusieurs de ces sensibilités et croire que l’on a rassemblé tout le peuple est une imposture. Il s’agit à la limite d’une posture dangereuse, dans la mesure où elle exclut du peuple les sensibilités, qui n’adhèrent pas à sa vision.
Revenons au RPT et posons-nous quelques questions de bon sens : Ceux qui ne sont pas militants du RPT, qui ne soutiennent pas le RPT, et qui sont Togolais, le RPT les rassemble t-il ?
Si un togolais n’adhère pas au RPT, n’est –il pas exclu du peuple togolais, que le RPT par son nom est prétend rassembler ?
Le RPF en son temps fit de nombreux et valeureux citoyens français des étrangers dans leur propre pays. La prise de conscience d’une telle absurdité vida le RPF de sa légitimité et le général de Gaule dut en tirer les conséquences.
Le RPT depuis que le Togo a plusieurs partis est dans le même cas de figure. Et ses responsables doivent inventer leur formule élégante pour que le RPT disparaisse de la scène politique Togolaise. D’ailleurs toute personne, qui n’est pas membre du RPT, mais qui se sait citoyen togolais, élément de « l’Ensemble Peuple Togolais », peut porter l’affaire en justice. Il pourra y faire comprendre que comme le stipule la première phrase du préambule de la constitution togolaise « Nous Peuple Togolais … « Seule le respect de la loi fondamentale rassemble les Togolais et non un parti. Et il pourra aussi demander qu’on cesse de l’exclure par la dénomination RPT du peuple togolais.
Justice pourra ainsi être faite par une dissolution prononcée devant les tribunaux.
De toutes les façons, si au lendemain de la conférence Nationale, la dissolution du RPT par le HCR apparaissait comme un coup de force, vingt ans après, une disparition du RPT librement consentie par ses responsables et ses membres serait la marque d’une intelligence, d’un courage et d’un bon sens politiques qui ont souvent fait défaut au processus démocratique togolais.
Y. DJAGBA




dimanche 28 novembre 2010

Togo: un pays vide de grandes valeurs

''Soit Faure Gnassingbé ouvre honnêtement la voie du dialogue avec l’opposition et partage conséquemment un pouvoir que la dynastie qu’il incarne s’est arrogé hors toute loi. Dans ce cas, les principaux leaders du Frac, Front Républicain pour l’Alternance et le Changement devraient entrer au gouvernement avec des postes de souveraineté mais surtout une primature constitutionnellement renforcée et confiée à Jean Pierre Fabre, leader de l’opposition togolaise. Soit Faure persiste dans l’aveuglement où le poussent ses amis qui veulent de moins en moins son bien, et dans ce cas, il va dans le mur, pour soit ne pas être réélu en 2015 ou être chassé par une révolte sociale et populaire avant la fin de son mandat. La troisième dont tout le monde évite de parler, est une prise de pouvoir par l’armée. Ce moyen de renversement des régimes est à la mode en Afrique et malgré l’ «ethnicisation» de l’armée togolaise, ce n’est pas écarté. «Tout peut arriver et si Faure ne fait rien pour sauver le pays, il en sera responsable» s’en remet Kofi Yamgnane.'' Telle est la conclusion d'un article de Max Savi Carmel sur le site etiame.com faisant le point de la politique du Chef de l'Etat Togolais M. Faure Gnassingbé.
A en croire Max Savi Carmel, quelle que soit la solution que l'on considère, M. Faure Gnassingbé ne sera pas le maître du jeu. La commission de suivi de l'accord RPT/UFC pensait-elle la même chose en proposant un régime présidentiel tempéré comme l'une des solutions à la crise togolaise? Car si ce régime n'est pas le régime présidentiel à l'américaine, où le Président est l'homme fort du système politique et est réeelement responsable de la gestion du pays, s'il n'est pas non plus le régime semi présidentiel à la française, où le président est l'homme fort, mais en s'appuyant sur un premier ministre, qui assume la responsabilité des fautes du président, alors, il faut croire qu'au RPT et à l'UFC, on ne sait plus exactement ou on ne comprend plus exactement ce que fait M. Faure Gnassingbé, ce qu'il représente.
Cette crise d'identité du pouvoir justifierait-elle tous les dérapages constatés ces derniers temps et qui sapent le crédit engrangé suite aux élections législatives d'octobre 2007? d'ailleurs, est-ce un hasard si la plupart de ces dérapages tournent autour de l'assemblée Nationale? M.
Kpatcha Gnassingbé, un demi frère du Président, député, a été arrêté sans que son immunité ne soit levée, et il est incarcéré depuis 18 mois sans jugement; le Président de l'Assemblée nationale, qui assurait l'intérim en 2005, a nié qu'il y ait eu des morts dans les violences électorales de 2005; il y a quelques jours on a assisté à la télévision à une scène de députés s'apprêtant à régler leurs problèmes par la boxe; et puis la Cour Constitutionnelle vient de démettre huit députés démissionnaires de l'UFC, le parti sous la bannière duquel ils ont été élus, de leur poste de député.
Tout celà traduit un profond désordre, juste au moment où avec l'accord RPT/UFC, on croyait que le Togo était en train de saisir sa dernière chance pour sortir d'une longue crise politique. Ou plutôt son avant dernière chance, car selon etiame.com, même M. Jean Pierre Fabre serait prêt à devenir premier ministre, si M Faure Gnassingbé sait s'y prendre. Il serait alors la dernière chance après les échecs de MM. Koffigoh, Edem Kodjo, Agboyibor, Gnininvi, et aujourd'hui peut-être Gilchrist Olympio, qui sont allés au gouvernement pour donner une dernière chance au Togo.
N'y a-t-il pas trop de chances perdues pour le Togo? Et si l'on se fiait tout simplement au bon sens, la chose la mieux partagée du monde, semble-t-il, ne se rendrait-on pas compte que dans toutes ces chances perdues, il y avait deux facteurs constants, le RPT et Gnassingbé, qu'il faudrait peut être mettre en jachère, le temps d'essayer quelques nouvelles combinaisons sans ces deux facteurs ?
Il est vrai que ces deux facteurs sont très importants et que souvent ceux qui s'y frottent s'y piquent. A tel point que nul n'ose plus et voila le vrai problème du Togo. Ici, on n'a jamais su oser, quand il le faut ou comme il le faut. Et les choses sont devenues si complexes, que les Togolais se croient une race différente des autres, avec des problèmes inouis auxquels il faut des solutions inédites comme la recette bruyante du régime présidentiel tempéré. Pensez aux tonneaux qui font du bruit et vous trouverez l'adjectif qui qualifie le mieux le Togo aujourd'hui: c'est un pays vide de l'essentiel, un pays vide des grandes valeurs qui font les grandes destinées.


mercredi 4 août 2010

Enfin des postures dignes des 50 ans d'indépendance

120 jeunes du continent africain invités par M. Barak Obama, Président américain à venir entrer en partenariat avec l'Amérique, et ceci dans le cadre des cinquante ans d'indépendance de certains pays du continent. Voici une manière de célébrer avec l'Afrique cet événement. Car plus que de fêter, de défiler, ce qui convient seulement quand on a des motifs légitimes de se réjouir, il s'agit à la lumière des difficultés de nos pays d'organiser l'avenir pour que les prochaines 50 années soient vraiment consacrées à construire l'Afrique du progrès, du développement, de la démocratie.
Bravo à Barak Obama qui prouve que l'Afrique peut tout de même compter sur certaines puissances quand il s'agit de réfléchir à ses défis et de leur trouver les solutions appropriées.
Bravo aussi aux nouvelles autorités nigériennes, qui ont décidé de célébrer de manière symbolique les 50 ans de leur indépendance, compte tenu de la famine qui y sévit. Mais quel pays d'Afrique célébrant ses 50 ans d'indépendance en cette année peut se targuer d'être mieux loti que le Niger, qui en est réduit à cette situation parce que ses dirigeants renversés il y a quelques mois ont dilapidé les richesses nationales? Quel pays? le Bénin, où 50 députés, toute la force d'un symbole dans cette foulée des 50 ans d'indépendance demandent que le Chef de l'Etat soit traduit en justice pour avoir laissé une ICC piller l'épargne des Béninois? Que celui qui est vraiment mieux loti que le Niger lui lance la première pierre. Sinon, ensemble disons bravo à ces belles initiatives qui nous permettent au moins d'espérer, car les 50 ans d'indépendance ont été un gâchis. C'est dommage, mais c'est l'évidence et ceux qui veulent nous persuader du contraire en organisant des fêtes pompeuses, ou en s'y associant, prennent le risque d'apparaître comme nos principaux ennemis dans la quête de la démocratie, du progrès, du développement, de la sécurité, de la prospérité, autant de choses que nos frères vont chercher en émigrant au risque d'être pris pour les coupables de tout acte mettant l'honneur de ces pays développés d'accueil en péril.

jeudi 15 juillet 2010

Le cynisme d'un 14 juillet

Quatorze pays africains, anciennes colonies de la France ont fait défiler leurs troupes sur les Champs Elysées à l'occasion du 221ème anniversaire de la prise de la Bastille. Comme le roi des Belges, M. Nicolas Sarkozy aurait pu nous faire l'honneur d'assister à toutes ces fêtes d'indépendance, s'il avait vraiment voulu respecter nos pays. Mais nos dirigeants n'étaient-ils pas assez dignes pour l'inviter ou est ce lui qui a rejeté leur invitation ? Et dire qu'ils sont surpris par ce qu'ils appellent la polémique. Sire, Ce n'est pas une polémique, c'est une révolution, pour prendre la Bastille du néo colonialisme. M. Faure Gnassingbé , président togolais a déclaré qu'il ne comprenait pas cette polémique. Ce n'est déjà pas facile de comprendre les choses, quand on le veut. A plus forte raison quand on ne le veut pas... Intérêt de classe oblige.
Dans ces pays où la France enferme des peuples misérables, leur refusant la possibilité d'immigrer en France, parce qu'ils sont trop nombreux et que la sécurité des Français serait menacée, l'événement a de quoi faire réfléchir. Nos pays sont comme des prisons où M. Sarkozy, et bien d'autres puissances s'efforcent d'enfermer des misérables, qu'ils ne veulent pas aider.
Si encore ils pouvaient inventer une nouvelle guerre mondiale, où ils nous enverraient tous pour servir de chair à canon. Les temps ont changé. Et ils se contentent de confier cette mission de geoliers exterminateurs à nos armées. Sinon, pourquoi pour les cinquante ans de nos indépendances, la France n'a pensé qu'à rendre hommage à nos armées et leurs chefs suprêmes? Pourquoi? Sont-ils vraiment les plus représentatifs des défis, des enjeux de nos pays?
Non, et ce défilé sur les champs Elysées avait comme message: merci armée togolaise pour le coup d'Etat de 1963, pour celui de 1967, pour le 3 décembre 1992, pour 2005. Merci armée béninoise pour les années de pouvoir stérile des Généraux et Colonels béninois, avant la conférence nationale. En bref, merci, chères armées pour avoir empêché ces hommes d'Etat visionnaires qui voulaient être indépendants de gagner leur pari. Tel est le message réel du défilé du 14 juillet 2010 à Paris. Et c'est cynique.
Voyez vous, la fraternité des armées est une noble fraternité quand elle est au service d'idéaux sublimes. j'ai exalté cette fraternité là dans un de mes poèmes. Mais la fraternité des armées pour asservir et exploiter est la plus dangereuse des fraternités. Aussi faudrait-il se résoudre à croire que la véritable libération dans nos pays se fera contre nos armées, si elles ne cessent pas de trahir nos peuples. Car nous peuples, nous sommes enfermés dans une Bastille, dont elles sont les gardiennes. Et nos présidents malheureusement sont comme des administrateurs de prison.
Le défilé sur les Champs Elysées nous l'a cyniquement rappelé. Qu'elles restent aveugles et traitres si elles le veulent, nos armées. Mais nous voulons avoir notre Napoléon Bonaparte, notre Georges Washington, notre Bismarck, notre Cromwell, notre Cavour; c'est à dire des gens, qui s'appuyant sur la force légitime que leur confie le peuple, construisent son unité, son bonheur, sa paix, et le fait entrer dans l'histoire. Et non des gens qui le font 'reculer en arrière de 100 ans.' L'expression n'est pas de moi.
La Révolution française grondait: aux armes citoyens. Nous autres, nous murmurons: aux leçons de l'histoire peuples, pour la libération avec ou sans les armées.

jeudi 8 juillet 2010

Togo: le rêve de la paix

Le Togo a son gouvernement "historique", celui composé exclusivement de ministres du Rassemblement du Peuple Togolais (RPT) et de l'Union des Forces du Changement (UFC). Pour son acte inaugural, ce gouvernement a augmenté les prix du carburant et a délié les démons de la contestation sociale .Trois personnes ont été tuées dans les manifestations contre cette augmentation.
Stratégie oblige, le nouveau gouvernement a choisi de commencer par le pire pour avoir la marge nécessaire , qui lui permettra de s'améliorer progressivement et de convaincre les Togolais qu'ils peuvent se fier à lui. Il faut toujours reconnaître la valeur de son interlocuteur, même quand il s'agit d'un ennemi. Les responsables et inconditionnels du Front Républicain pour l'Alternance et le Changement (FRAC), qui ont décidé de lâcher M. Gilchrist Olympio pour suivre M. Jean Pierre Fabre le feront-ils, ou continueront-ils à suspecter ce gouvernement de mauvaise foi, alors qu'il n'a encore rien fait?
Maintenant que la fronde sociale a été maitrisée, il appartient à l'alliance UFC/RPT de se mettre à l'oeuvre sur les grands chantiers, qui fondent leur accord. Si l'on estime que ce gouvernement ne peut pas durer plus de deux ans et que les manoeuvres des prochaines élections législatives, qui peuvent être anticipées, signeront sa fin, il n'a pas plus de six mois pour les réformes institutionnelles, dont la plus importante est la modification de la constitution pour réintroduire la limitation des mandats présidentiels.
S'il obtient cette limitation, M. Gilchrist Olympio aura démontré ainsi que le Président Faure Gnassingbé, qui a eu le courage de refaire ce que son père a défait, que non seulement, ils sont ensemble des hommes politiques, mais qu'ils sont aussi des hommes d'Etat, qui ne pensent pas qu'à eux, mais qui pensent à la pérennité de l'Etat, de la République, de la Nation.
Et s'ils arrivent à organiser ensemble une alternance pacifique, sur la base d'une véritable réconciliation et des intérêts bien compris des Togolaises et des Togolais, comme à Frédérik de Klerk et Nelson Mandéla en Afrique du Sud , le prix nobel pourra leur être attribué. Car ils auront fait revenir le Togo de loin en transformant son destin. Ceux et celles qui depuis des années d'une manière ou d'une autre sont intervenus dans le dossier togolais savent que l'alliance UFC/RPT aujourd'hui relève d'un pari audacieux, s'il est sincère, celui de la paix, qui ne peut être gagné que par de vrais hommes, ceux que Diogène cherchait avec sa lampe, ces perles rares de l'humanité, qui se sont débarrassés de l'orgueil, du désir de violence, parfois au prix d'un long combat et d'une grande victoire sur eux mêmes. Le prix nobel de la paix ne peut être qu'une manière de saluer un tel cheminement, qui fait des hommes transcendant les frontières nationales, qui fait des modèles, des références pour la suite de la construction de la paix dans le monde. Puisse ce rêve être aussi le vôtre.

vendredi 28 mai 2010

Le Togo au milieu du gué

L'actualité politique au Togo est marquée par la collaboration entre le Rassemblement du Peuple Togolais(RPT), parti au pouvoir et ce depuis 1969, et l'Union des Forces du Changement, principal parti de l'opposition dans le cadre d'un gouvernement formé suite à un accord signé par les responsables des deux partis. Les hommes politiques, la presse, les sites d'information en font leur principal sujet et chacun regarde la vérité de l'événement à sa porte, comme en témoignent les liens ci-dessous. De la porte de reel et nominal, votre blog qui est aussi grand dans les choses sérieuses que dans les bêtises, car elle est une oeuvre humaine, cette vérité apparait comme l'aboutissement logique d'un processus historique.
Tôt ou tard l'UFC de M. Gilchrist Olympio devait travailler avec le Rassemblement du Peuple Togolais. Et pour cause. Le Comité de l'Unité Togolaise, autour duquel s'est mobilisée la lutte pour l'indépendance du Togo, a commis une faute, que des générations d'héritiers de la lutte pour l'indépendance ont assumée comme un péché originel. Le CUT, création du Gouverneur MONTAGNIER pour promouvoir la tutelle de la France sur le Togo et faire du Togo une colonie modèle à la française, en s'émancipant par son engagement dans une lutte pour l'indépendance sans la France a commis un parricide. Parricide doublé d'une recherche intelligente de réveiller les rivalités franco allemandes, par une politique privilégiant les rapports avec l'Allemagne au détriment de la France. C'était inacceptable pour des stratèges, qui misaient l'avenir du monde sur l'union européenne. Si l'on y ajoute la tentative du Togo indépendant de créer sa propre monnaie pour s'affranchir de la zone franc, alors tout le décors du parricide, commis par le CUT et ses responsables au premier rang desquels le Président Sylvanus Olympio, est planté.
Le 13 janvier 1963, la France prendra sa revanche avec un coup d'Etat marqué par l'assassinat du président Olympio, reconnu par beaucoup comme le 'Père de l'Indépendance'. Commence alors une tragédie, où le jeu politique togolais se trouve handicapé par l'épée de Damoclès que ces deux parricides tiennent suspendue au dessus de la tête du Togo.
Pour avoir mis fin au régime du CUT, le Général Eyadèma est dans l'histoire du Togo l'ami de la France quelque peu humiliée par la politique du CUT. Son long règne et celui de son fils qui suit depuis 2005 n'auront pas été possibles sans le soutien de Paris, reconnait-on généralement à Lomé. Alors comment briser le signe indien pour libérer les héritiers de la lutte pour l'ndépendance et le peuple togolais en général de cette emprise tragique de l'histoire? En faisant assassiner par le digne héritier du Président Sylvanus Olympio ce que son héritage avait de plus utile pour lui , puisqu'il lui permettait d'incarner l'opposition historique au Togo: la naive pureté du combat des origines, qui séduisait une population croupissant dans la misère et pour qui les promesses déçues de l'indépendance restaient la clé pour sortir de la pauvreté. Ainsi, Ablodé, slogan des années 60 revint en 1990 comme le slogan de la démocratie.
L'entrée au gouvernement de l'UFC doit être comprise comme un troisième parricide, qui vient boucler la boucle et permettre au Togo de solder tous les comptes de ces contentieux historiques. La France acceptera-telle ce sacrifice de M. Gilchrist Olympio comme solde d'une indépendance acquise avec toutes ces "conséquences" pour reprendre la fameuse menace du Général de Gaule? Les extrémistes du RPT et de l'UFC, qui ne sont peut-être pas à confondre avec le FRAC, accepteront-ils que cette expérience soit tentée et réussie?
http://www.etiame.com/etiame1173.htm

samedi 24 avril 2010

LA TRAGEDIE DES INDEPENDANCES

Année jubilaire pour une quinzaine de pays africains qui célèbrent les 50 ans de leur accession à l'indépendance, l'année 2010 offre l'occasion de faire le point sur une histoire relativement brève mais agitée du continent africain.
Pour ceux qui se souviennent bien du contexte dans lequel est intervenue cette indépendance, il s'agissait d'une tragique confusion. Ainsi, au Togo, cette indépendance coincida avec l'avènement d'une marque de chaussures dénommée dodzim mélé et certaines chansons populaires, dont la plus expressive de l'esprit dans lequel beaucoup de Togolais accueillaient cet événement est celle - ci : Nyémi le founou fa, essé mou léo, c'est à dire, chiez où vous voulez, il n'y a pas de loi.
Ainsi, les attentes du peuple togolais et en général de beaucoup d'Africains lors de cette accession à l'indépendance étaient d'abord d'avoir du travail tout de suite quand bien même on venait de son village, qu'on n'avait appris aucun métier et surtout que le nouvel Etat indépendant n'avait même pas encore entamé le processus devant à moyen ou long terme créer des emplois. Mais le plus grave était cette confusion qui faisait croire que l'indépendance est synonyme d'absence de lois, de règles organisant la vie de la cité. Ces deux exemples montrent en quoi la suite des indépendances ne pouvait être que ce que nous avons connu: des coups d'Etat à répétition, des partis uniques refusant toute liberté aux citoyens. Cinquante ans après, les Etats et peuples africains sont-ils mieux lotis? Même si nous n'avons plus des coups d'Etat chaque mois, la tendance à contourner la volonté du peuple, en modifiant des constitutions limitant les mandats présidentiels, à brouiller la vérité des urnes pour s'imposer par la tricherie ou les intimidations rappelle bien curieusement ce refus de la contrainte légale évoquée ci-dessus, qui est d'autant plus grave aujourd'hui, qu'il n'est plus le fait des peuples, mais celui des gouvernants, sensés donner l'exemple. Oui 50 ans après les indépendances, le grand malheur de l'Afrique est de manquer cruellement de modèles, de références en matière de respect des peuples,de respect du bien commun,en matière de programmes et de stratégies fondant les grands rêves qui édifient les nations, qui inscrivent le destin des peuples et des nations dans une vision qui ouvre les chemins de l'éternité. Célébrer les cinquante ans de nos indépendances requiert surtout que nous désignions ces modèles et références s'il y en a déjà, et dans tous les cas que nous déterminions le profil de ces modèles et de ces références dont l'Afrique a besoin pour enfin donner un sens à ces indépendances. Tout au long de nos partages et réflexions, c'est le résultat qu'il nous faudrait atteindre,me semble-t-il en veillant à éclairer nos idées d'exemples historiques concrets. Je vous remercie.

lundi 8 mars 2010

Togo: Cap sur 2015

Sujet de communication politique:
Vous êtes responsable d'un petit parti d'opposition togolais. Vous devez réagir suite à la proclamation des résultats provisoires du scrutin du 4 mars 2010 par la Commission Electorale Nationale Indépendante. Concevez un communiqué et justifiez ensuite votre réaction.



COMMUNIQUE


Dura lex, sed lex. La loi électorale du Togo dispose que c’est la CENI , qui proclame les résultats provisoires des élections. La CENI a proclamé M. Faure GNASSINGBE, vainqueur du scrutin présidentiel du 4 mars 2010. Le Parti du Progrès ( PP ) , compte tenu du caractère incohérent des revendications de l'opposition, et conscient de ce fait que la Cour Constitutionnelle ne saurait en aucun cas changer fondamentalement la donne résultant de cette proclamation, en prend acte et félicite M. Faure Gnassingbé pour sa réélection à la magistrature suprême.

L’acceptation de ces résultats par tous les participants à cette compétition électorale, surtout ceux dont les partis sont représentés à la CENI , eût été une très bonne garantie pour la crédibilité de ce scrutin.

C’est pourquoi, d’ores et déjà, le PP invite la classe politique togolaise, au premier rang de laquelle le Président réélu à ouvrir un chantier de discussions en vue de mettre en place les conditions indispensables à des scrutins, où le vainqueur est reconnu par le vaincu et le vaincu respecté par le vainqueur. Une telle démarche requiert que soient associés à ce chantier tous les partis politiques légalement constitués, sans exclusive aucune. Il y va de la nécessaire confiance, qui doit animer les relations entre responsables politiques.

Le peuple togolais pendant cinq ans encore devra se résoudre à être dirigé par une famille et un clan, auxquels leur patriarche avant de mourir en 2005 a laissé ce testament : "ne lâchez jamais le pouvoir."

La publication d'un tel testament par M. Faure Gnassingbé lui-même et son parti est une provocation et un affront à l'endroit du peuple souverain, qui lui seul dispose du pouvoir et le confie à qui il veut.


Dans une telle perspective, Le PP réaffirme que le grand défi que se doit de relever le peuple souverain est d’amener cette famille et ce clan à lâcher le pouvoir, soit par la contrainte des urnes, soit volontairement, parce qu’ils auront compris que même s’ils sont les premiers ou les plus forts, ils ne sont pas forcément les meilleurs, comme le dit Nana MOUSKOURI dans l’une de ses chansons.

L’alternance dans la paix tant recherchée en cette année 2010, restera encore comme un horizon pendant cinq ans. Mais la terre est ronde et au bout du voyage, il y a forcément un port ou la terre ferme. Il y a l’espérance.

A vous toutes et à vous tous, qui croyez à l’alternance, je dis merci pour votre engagement de 2010. Je vous invite dès aujourd’hui à vous remettre au travail pour hâter notre arrivée au port tant désiré de l’alternance si indispensable à une saine vigueur démocratique dans notre pays.

Rien ne sert de courir. Il faut partir à point, nous enseigne La Fontaine. Si l’union de l’opposition est vraiment la voie par laquelle doit passer l’alternance, et le PP n’en doute pas, c’est aujourd’hui qu’il faut commencer la construction de cette union, qui doit éviter l’improvisation, reposer sur une organisation solide, un programme cohérent, la claire conscience des intérêts du peuple, la foi en la maturité du peuple.

Que chacun dans cette opposition soit humble devant l’amère expérience du 4 mars 2010, reconnaisse la valeur des autres et les respecte. Que chacun dans cette opposition prenne sa place dans le combat pour l’alternance.

En avant toute pour le port de l’alternance en 2015. Je vous remercie.

LE PRESIDENT



Justifications de cette réaction.


En tant que parti d'opposition, le PP aurait été solidaire de l'UFC de M. Fabre Jean Pierre, s'il n'était pas convaincu qu'il a perdu. Pour plusieurs raisons:


1) Sa communication a été un patchwork, où son image et celle de l'UFC son parti étaient brouillées. En effet, ce n'était pas simple déjà de faire remplacer M. Gilchrist Olympio, le chef charismatique de l'UFC, qui avait été déclaré candidat du parti depuis un an par M. Fabre. Or celà s'est fait en catimini, en moins d'un mois.


2) Comme si celà ne suffisait pas, à l'UFC a été ajouté un nouveau nom FRAC, qui a brouillé le nom du parti auprès des militants et des électeurs.


3) Comme si celà ne suffisait pas, M. Fabre s'est entouré de gens que les militants et électeurs de l'UFC ne connaissaient pas et n'identifiaient pas comme des gens convaincus de l'idéal de leur parti, en l'occurence MM. Koffi Yamgnane et Agbéyomé Kodjo, qui ont été des candidats du scrutin et donc des rivaux, qu'importe s'ils ont pour une raison ou pour une autre changé d'avis.


4) Le partenaire historique de l'UFC, le CAR, qui est représenté à la CENI, à aucun moment n'a témoigné pour dire que l'UFC a été dépossédée de la victoire, et qu'il reconnait M. Fabre comme le nouveau Préident du Togo.


Au vu de toutes ces considérations, le PP, dans le souci d'apaiser les tensions et de préparer l'avenir pense qu'il faut jouer la carte de la légalité, tout en rappelant que le peuple a un contentieux à solder avec le régime en place et que pour celà, l'alternance est indispensable.
IDYG


dimanche 7 février 2010

Le Togo dans l'attente d'un scrutin présidentiel

Les liens ci-dessous plantent le décors de l'événement le plus attendu au Togo dans les prochains jours, l'élection présidentielle du 28 février 2010. L'alternance est-elle possible? L'opposition s'est -elle donnée toutes les chances pour réaliser cette prouesse historique dans un pays où depuis quarante trois ans le pouvoir est l'affaire de la famille Gnassingbé? Le retrait de Gilchrist Olympio, qui légitimait quelque peu la thèse d'un pouvoir monarchique transmis à des dynasties de père en fils, va-t-il responsabiliser l'aile du RPT, qui s'est sentie visée par la chute du demi-frère du président Faure Gnssingbé , et l'amener à appuyer un mouvement vers l'alternance démocratique, qui peut apparaitre pour elle comme un moindre mal? Telles sont les questions qui situent les enjeux de ce scrutin.
Comme toujours, un scrutin au Togo fait peur. Surtout quand les acteurs font preuve de maladresses comme cet appel public à un alignement de l'opposition derrière l'UFC, au lieu de négociations discrètes, ou cette campagne du président sortant qui ne dit pas son nom et qui heurte les sensibilités républicaines, pour lesquelles l'article 90 du code électoral est violé par M. Faure Gnassingbé, dont les inaugurations et lancements de chantiers nouveaux constituent pour elles une campagne déguisée ayant pour support les médias d'Etat, ce qui est interdit par l'article 90.
Le scrutin du 28 février prochain sera-t-il le scrutin de la vérité démocratique, celui d'un passage en force, ou celui tout simplement de maladresses, qui feront douter une fois encore du sérieux des institutions au Togo? Wait and see.
http://www.republicoftogo.com/Toutes-les-rubriques/Politique/Agboyibo-arrive-en-tete

http://www.republicoftogo.com/Toutes-les-rubriques/Politique/Yamgnane-exige-la-demission-de-Pascal-Bodjona

http://www.etiame.com/etiame1045.htm

jeudi 9 juillet 2009

Togo: Evalas, Paix et Réconciliation

Chers amis,
Je vous invite à lire le nouveau message que je viens de publier sur mon blog, à vous en faire l'écho si vous le trouvez intéressant, et à me faire part de vos commentaires. Merci. Ygi D. Touol

La fin de cette seconde semaine de juillet est marquée chaque année au Togo par le lancement de la lutte des Evalas, un rendez vous initiatique, qui prépare le jeune Kabyè à entrer dans la vie active. Fête traditionnelle, qui comme la plupart des fêtes traditionnelles du Togo et d'Afrique, ponctue les travaux champêtres pour permettre aux différentes ethnies et sociétés de célébrer les vertus du travail, de la solidarité, et de communier avec les forces naturelles ou surnaturelles, qui déterminent et règlent la production agricole et l'équilibre social, la fête traditionnelle cette année rappellera dans chacune des empoignades qui la marqueront, la tragédie de l'assaut donné au domicile de M. Kpatcha Gnassingbé, député, demi-frère du Président de la République, M. Faure Gnassingbé, accusé d'atteinte à la sûreté de l'Etat.
Quand les rideaux tomberont au terme d'une semaine sur ces empoignades, ce rendzez vous donnera lieu à une véritable fête, où les adversaires des terrains de lutte se retrouveront en frères d'une même communauté, où chacun identifie sa place et son rôle.
Le souhait de tous les Togolais de bonne foi est qu'à l'image de cette fête qui clôture la lutte des Evalas, la tragédie de l'affaire Kpatcha se termine par une véritable fête où la famille Gnassingbé et tous ceux que cette tragédie a meurtris se retrouveront pour une réconciliation, où les uns et les autres identifient et acceptent leur place et leur rôle pour la paix , la stabilité et le développement du Togo.
Mais n'est-on pas allé trop loin? A en croire certaines têtes avisées, non. Un bon non lieu prononcé par les juges dans cette tragédie pourra ouvrir la voie à une telle fête. Que vivement vite soit prononcé un tel verdict.

samedi 30 mai 2009

TOGO: MISSION IMPOSSIBLE

http://www.togoforum.com/Presse/AgoraPress/comJustRecon052809.htm

http://www.republicoftogo.com/central.php?o=1&s=1061&d=3&i=3823

Ces deux liens vous introduisent dans l'univers d'une question d'actualité cruciale pour le Togo. Comme annoncé dans le précédent article, le Président togolais cherche à recoller les morceaux brisés de sa politique de réconciliation. Il vient d'installer la Commission chargée de piloter ce dossier.

Voilà le Togo parti pour explorer 51 ans de son histoire politique, car il faut remonter jusqu'à 1958. Voici le Togo confronté à ses pires démons; ceux qui minent sa conscience, ces maux dont il toujours nié l'existence ou l'importance, ces vérités, qui n'ont jamais été totalement ou même partiellement dites, et qui ne le seront probablement jamais. Comment un fils peut-il dire combien il souffre de ne pas savoir où a été enterré le corps de son père assassiné dans un camp? C'est d'abord raconter combien il a en face de lui des gens monstrueux, qu'il ne saurait approcher. Bref, c'est nier les réalités de l'histoire, qui nous a enseigné que le sang sèche vite et que si l'on refuse d'admettre cette vérité, on verse le sien et on fait verser celui de bien d'autres encore, pour qu'il ne sèche pas. La lucidité historique commande de ne pas dire ces vérités là n'importe comment.

C'est ensuite et surtout déserter l'école de la grande douleur, qui plus que tout autre maître ouvre aux hommes les portes des abîmes de l'âme humaine ou divine. Les grandes douleurs sont muettes, dit-on. Et c'est parce qu'elles sont muettes, qu'elles sont précieuses, qu'elles nous éclairent, qu'elles nous donnent la force de dire de ceux qui en sont responsables, qu'ils ne savent pas ce qu'ils font, c'est à dire de leur pardonner. Seules les grandes douleurs, celles qui nous ont ôté tout ce que vous avez, l'honneur, la dignité, ces valeurs dont les hommes se parent tant, seules ces douleurs là peuvent, dans notre faiblesse nous autoriser à approcher ceux qu'on croit être nos bourreaux, pour les amener petit à petit à prendre conscience de ce qu'ils font. La conscience d'une nécessité de la réconciliation est un peu la victoire de ceux qui ont été à cette école là. Ils devraient s'en réjouir, si l'affaire ne semblait pas déjà être une mission impossible.

En effet, le contexte électoral qui se plante progressivement fait qu'il n'est pas sage de remuer le couteau dans les plaies et de prendre le risque d'exacerber les passions dans les camps qui vont s'affronter dans l'arène des urnes. Surtout que ces camps ne sont pas forcément homogènes, disciplinés et contrôlés par leurs partis. Le problème de la réconciliation dans un tel contexte semble s'apparenter à l'ouverture des portes de la cité au désordre.

En tout cas, l'animateur , j'allais dire le Président de cette commission, Mgr BARRIGAH l'archevêque d'Atakpamé est bien conscient de ce risque, lui qui s'en remet à la grâce de Dieu. Dieu ayant toute l'éternité devant lui n'échoue jamais parce qu'il sait prendre son temps. La commission saura-t-elle prendre le sien? Peut-elle prendre le sien? Peut-elle refuser d'être l'otage d'un orage électoral qui la paralyserait et rendrait plus sceptiques encore les Togolais sur le dossier de la réconciliation pourtant nécessaire, mais à inscrire dans la durée.

Alexis Tocqueville nous apprend qu'en démocratie chaque génération est un nouveau peuple. Celle qui nous dirige aujourd'hui, qui gère la réconciliation a le tort de s'être rendue responsable de nouvelles tragédies qui renvoient la responsabilité de la réconciliation à une prochaine génération. Tout ce qu'on peut demander au mieux à l'actuelle génération, c'est de créer les conditions pour qu'à l'avenir les générations qui vont suivre ne rééditent pas les tragédies, qui ont fait tant de mal au Togo et qu'elles puissent réellement faire enfin la réconciliation véritable. A bon entendeur salut.

dimanche 21 décembre 2008

JOYEUSES FETES

Noël, quand Auguste régnait et que Quirinius gouvernait fut un événement merveilleux. Faute de pouvoir lui restituer cet aspect merveilleux, notre époque se contente de toutes sortes de cadeaux et de dépenses qui en font plus une fête païenne, qu'une visite de Dieu à son peuple. Moi non plus je ne saurai pas restituer cet aspect merveilleux de Noël. Mais je veux tout simplement avec ce poème vous dire ma forte envie de vous voir vivre Noël comme une merveilleuse opportunité de changer l'homme, de changer le monde. Saviez vous que certains de nos voeux peuvent être dangereux pour nous? Pensez à l'exemple de celui qui souhaite ardemment avoir une voiture et qui se tue avec sa famille dans un accident quelques jours après avoir eu cette voiture. Pensez aussi à ce roi qui a ardemment souhaité le pouvoir et qui sera assassiné avec sa famille dans un coup d'Etat. Certains de nos voeux sont des pièges, que ce poème demande à Dieu de transformer en dons sains pour nous. Pensez à Dieu en ce que nous faisons déjoue ces pièges. A bon entendeur! Je ne veux pas de voeux qui soeint des piègespour vous.Tous mes meilleurs Voeux. Si le poème n'est pas bien lisible, cliquez sur ce lien ci:

https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEhtCefc3nmzKVweJeYp0wRjD2rqiIkUaIbEm5-78EJA9EY3kIWAXYLsrjtxDKROzS7WS9_tdpxFiydKj6rEbuatXoQVtm8Trz60cnObT5n-nliEZbO_MToeKbftzzLz6ag_gp0Ytr7vC8g/s1600-h/joyeuses+fêtes.JPG


dimanche 9 novembre 2008

Amérique, le pays béni



Ce poème est né un jour de février 1989, dans une chambre d'hôtel à Boston. Je viens dans le cadre d'un voyage d'études parrainé par CROSSROADS AFRICA d'apprendre que les Etats Unis se donnaient dix ans pour avoir un Président noir. Les chercheurs et universitaires, qui à Washinton nous ont parlé de ce défi, et qui sont pour certains d'entre eux des Blancs, nous ont épaté parce qu'ils en ont parlé comme d'un projet qu'on mûrit dans un laboratoire. Oui Obama a été élu parce que depuis des années, des gens y ont travaillé. Ils ont choisi le meilleur poulain noir. Ils ont misé sur lui et ils ont gagné. Ce pays où de telles merveilles est possible, voici comment ce jour de février 1989, je l'ai trouvé..



Amérique, beau pays où la providence

Manifeste chaque jour le bonheur immense

Et sans prix, qu'elle réserve à l'humanité!

Riches d'hommes sages, dont la générosité

Illumine l'Histoire, les Etats Unis,

Qui incarnent la conscience d'un Idéal

Universel de Liberté, avec harmonie

Et foi, chantent toujours la vie et le travail.



L'Amérique est le symbole de la Fraternité.

Elle est unie malgré une grande diversité.



Pays de tous ceux qui se veulent libres et dignes,

Amérique des villes et des campagnes!

Y-a-t-il aujourd'hui un progrès sans ce pas,

Sans les lumières que répand partout son Esprit?



Beaux et majestueux sont et ses paysages,

Et ses fleuves, et ses montagnes, et ses coteaux!

Nouveau Monde, l'ont appelé certains sages:

Il n'en finit pas d'être toujours nouveau.

YempabouDJAGBA




jeudi 6 novembre 2008

Vers une image plus reluisante de l'Amérique?


L'Amérique avait un défi à relever. Elle y est parvenue en portant à la Maison Blanche un Noir, Barak Obama, visible ici sur la photo avec ses parents kenyans.Le rêve américain une fois encore s'est réalisé. Il s'est réalisé parce que Martin Luther King l'avait eu. Il s'est réalisé parce que depuis cinquante ans, l'Amérique petit à petit en se regardant dans le miroir des violences raciales des années 60, en se regardant dans le miroir des idéaux qu'elle demande au monde d'embrasser, idéaux de liberté, de démocratie, de libre entreprise, ne pouvait pas faire autrement. Elle ne pouvait faire qu'ainsi pour conforter l'image d'un leader mondial, champion de la liberté et de la démocratie, champion aussi de la tolérance. Elle ne pouvait faire qu'ainsi pour donner un sens à sa lutte contre le terrorisme, pour déstabiliser les terroristes. Comme une réponse du berger à la bergère, aux terroristes du 11 septembre 2001, l'Amérique a porté au pouvoir un homme qui s'appelle Hussein, un sobriquet, semble-t-il, un sobriquet qui lui a porté chance. Un sobriquet qui sonne comme un hommage posthume à l'autre Hussein celui d'Irak pourtant exécuté sur l'insistance de l'Américain George Bush.
Qu'on ne s'y trompe pas, l'Amérique a voulu solder ses comptes avec son histoire: celle de l'esclavage, celle des injustices au Moyen Orient, qui sont souvent assimilées à des injustices contre les Musulmans. Ainsi vint Barak Obama à la Maison Blanche. Devant cette prouesse, on a juste envie de dire que si Dieu n'existait pas déjà, l'homme devait aujourd'hui le créer. Cette main invisible, qui a anéanti les ultimes efforts de Mac Caïn pour renverser la tendance, en faisant surgir une crise financière, qui a conforté la position de Barak Obama, à qui l'attribuer? Des esprits bien éclairés diront qu'il faut chercher du côté des puissances financières et industrielles du monde, qui comme celles qui ont fait Hitler jadis, ont fait aujourd'hui Barak. Même si les deux n'ont pas les mêmes cahiers de charge. A qui l'attribuer cette main, tant que ceux qui peuvent revendiquer cette prouesse se cachent, comme s'ils en avaient honte. Ils n'en ont pas honte. Il leur faut constamment se cacher pour pouvoir rééditer leurs exploits.
Mais une question reste: Pourquoi Obama, qui peut encore reconnaître d'où vient son père, qui peut aller à Kismu, ce petit village kenyan dont son père est originaire et qui doit se dire aujourd'hui qu'ils ont un fils président des Etats Unis? Pourquoi lui , et non un Africain Américain ancré depuis des générations dans l'histoire des Etats Unis, un Africain Américain, qui ne soit pas en mesure de dire exactement de quelle région ses lointains aieux venaient, et qui seraient obligé de penser le travail pour solder le compte de l'esclavage en intégrant forcément le vaste continent africain? Pourquoi Obama et non un autre? Peut-être tout simplement parce qu'ainsi le compte de l'esclavage est soldé à moindres frais. Barak sachant d'où il vient, le Kenya, ce pays devient le symbole de l'Afrique saignée par les négriers. Le Kenya devient l'ambassadeur de l'Afrique. L'Amérique qui se repent de l'esclavage a son confesseur, le Kenya . Point n'est besoin de compliquer les choses en situant le problème dans le cadre du continent, qui selon les termes d''un homme qui la connait bien est composé de cinquante Afriques. L'Amérique en choisissant Obama a choisi son Afrique, le Kenya, qui tout seul peut être pardonné et pardonner à l'Amérique pour les péchés de l'esclavage.


Obama à la Maison Blanche, c'est l'illustration du pragmatisme américain dans les grands contentieux de l'histoire qui salissaient constamment l'image de l'Amérique.


jeudi 23 octobre 2008

M. Yamgnane, visez l'Elysée s'il vous plait

Le séjour d'un fils du terroir a toujours quelque chose d'émouvant quand il s'agit d'un retour après de nombreuses années passées à l'extérieur. Quand en plus il s'agit d'un homme, un Togolais, qui a été ministre en France, sous François Mitterrand, vous comprendrez aisément qu'on ne puisse pas rester indifférent à un tel retour. Ne serait-ce que pour dire bienvenu à notre compatriote de nationalité française, et pour lui souhaiter de bonnes retrouvailles avec sa famille. Mais M. Koffi Yamgnane n'est pas revenu pour celà seulement. Il aurait des ambitions présidentielles, murmure-t-on dans des milieux généralement bien informés à Lomé. L'intéressé lui-même est plus rusé: l'affaire ne l'intéresserait que si les Togolais lui demandent de venir à la rescousse, de sauver le navire togolais en péril, a-t-il confié lors d'une conférence de presse.
Mais au moment où aux Etats Unis M. Barak OBAMA s'apprête à prendre possession de la Maison Blanche(Daigne Dieu l'y aider), les Togolais seraient-ils assez ennemis d'eux mêmes pour ne pas souhaiter à leur brillant compatriote de devenir Premier Ministre ou même Président de la République (pourquoi pas?) en France? A en croire le rôle capital que la France joue dans la destinée du Togo, il pourrait mieux aider le Togo à ces postes là, n'est-ce-pas? M. Yamgnane, prenez possession de l'Elysée, si c'est possible. Nous sommes de coeur avec vous dans une telle ambition. Quant à vous laisser descendre dans la boue du sentier présidentiel togolais, nous sommes un certain nombre à vous aimer sincèrement et à penser que celà ne vaut pas la peine de perdre ainsi tout ce qui fait de vous un modèle pour bien des Africains. Car dans le jeu politique togolais, vous perdrez. Et ce serait dommage pour tous ceux que vous avez fait rêver. A bon entendeur salut!

dimanche 19 octobre 2008

L'avenir de l'Afrique appartient aux militants des partis

On a souvent besoin d'un plus petit que soi, nous disait un moraliste. Oui, l'Afrique, ce géant qui peine à décoller parce que la démocratie fait défaut à ses plus grands pays, pouvait-elle se douter qu'un jour tous ces pays ne pourraient rêver à de meilleurs lendemains démocratiques que grâce à un petit parti africain, le Comité d'Action pour le Renouveau(CAR)? Oui, ce parti vient d'administrer la preuve que la démocratie a de beaux jours devant elle en Afrique, en choisissant un nouveau responsable à la place de Maître AGBOYIBO, un leader historique de l'opposition. Celui-ci ne quitte pas la tête de son parti parce qu'il n'a plus rien à lui donner. Non. Il quitte la tête de son parti pour donner à d'autres la possibilité de faire ce qu'il peut faire. Il quitte la tête de son parti pour prouver que son parti est un parti solide qui ne dépend pas du charisme d'un Chef ou de la force d'une armée, mais de militants mûrs et convaincus, de militants rompus à la chose politique. Si l'on doit compter les hommes politiques qui sont entrés dans l'histoire cette année, il faudrait commencer par Me AGBOYIBO.C'est l'un des rares fondateurs de parti de l'Afrique des années 1990 qui passe la main de son vivant. Il faut se réjouir de cette nouvelle, car la démocratie dans les Etats africains doit commencer par la démocratie dans les partis politiques. Et rares sont les partis qui font preuve de cette démocratie. Le CAR vient ainsi de s'illustrer comme l'un des partis les plus mûrs du continent. Quel parti africain nous donnera-t-il un prochain exemple de grande satisfaction comme le CAR? S'ils sont nombreux à faire comme ce parti togolais, la démocratie en Afrique connaîtra une saine vigueur. L'avenir de l'Afrique vous appartient, militants des partis.

lundi 6 octobre 2008

Togo: Un pays modèle pour le meilleur et le pire

Le grand Charlatan blanc, M. Louis Michel, Commissaire Européen au développement vient de séjourner au Togo. Et il a parlé. Il a dit que le Togo était en train de devenir un modèle en matière de coopération avec les bailleurs de fonds. Et beaucoup de Togolais, y compris ceux qui sont sensés être les meilleurs, j'allais dire les premiers, ont applaudi. Comme s'il était facile d'oublier que même si les élections législatives d'octobre 2007 n'ont pas donné lieu à des violences, les élections législatives sont bien différentes de l'élection présidentielle, qui se profile à l'horizon, et que les Togolais attendent pour juin 2010. Enfin, le grand charlatan a parlé et il n'y a pas lieu de s'inquiéter suite à ce qu'il a dit.
Sauf que chaque fois que le Togo joue au modèle, il faut s'attendre au pire ou au meilleur pour le prochain round. Avec l'Allemagne, le Togo était déjà colonie modèle. Etait ce positif ou négatif? Certains vous diront que le Togo était devenu trop docile. Même si une telle analyse ne manque pas de lucidité, celà n'engage que ceux qui pensent des choses pareilles, car quand l'histoire officielle apprend la Munsterkolonie aux Togolais, c'est pour leur dire que celà était très positif. Donc pour ce coup là le Togo était modèle pour le meilleur. Puis vint le 13 janvier 1963, il devint modèle en ouvrant la voie aux coups d'Etat de surcroit sanglant. Personne n'ose plus dire que c'était positif. Sinon allez comprendre pourquoi on aurait dans ce pays une commission Vérité -Justice - Réconciliation. Donc nous avons l'autorisation, réconciliation oblige, de dire que c'était pour le pire. Puis vinrent les quatre conventions ACP CEE, qui firent du Togo un modèle en matière de coopération internationale. Il faut vraiment être une trop méchante langue pour dire que ce n'était pas pour le meilleur. Puis ce pays réussit la gageure de tout foutre en l'air et de devenir le modèle en matière de suspension de coopération avec ses amis de la veille. Ce fut pour le pire. Maintenant qu'on nous parle encore du Togo modèle avec le travail de MM. Faure Gnassingbé et de Gilbert Houngbo, ce qui certainement est pour le meilleur, il y a lieu de se demander en quoi le Togo se prépare encore à être un modèle pour le pire. Heureusement que ce ne pourrait pas être pour un génocide. L'Arménie et le Rwanda étant déjà des modèles dans ce domaine. Réfléchissez avec moi s'il vous plait. Pour que le ciel ne tombe pas demain sur la tête des Togolais.

samedi 20 septembre 2008

Choisir entre le normal et l'exceptionnel

Avant tout, il convient de se mettre dans le bain en visitant ces liens pour s'informer sur la conférence des bailleurs de fonds du Togo qui s'est tenue les 18 et 19 septembre 2008 à Bruxelles.
http://www.focusinfos.com/index.php?option=com_content&task=view&id=147&Itemid=0
http://www.republicoftogo.com/central.php?o=1&s=1061&d=3&i=2463
http://icilome.com/nouvelles/news.asp?id=10&idnews=10658
http://www.togoforum.com/Ap/ap2008/0921082.htm

Cette démarche préliminaire, on peut se permettre de se poser des questions sur la portée de cet événement, dont tous les Togolais devraient se réjouir. Mais le chat togolais pour avoir été souvent échaudé craint même l'eau froide.

Ainsi, le nouveau gouvernement togolais, pour son coup d'essai a voulu faire un coup de maître avec la communauté internationale, qui s'est réunie à Bruxelles pour le recevoir, l'écouter et envisager de l'aider à sortir de la crise où le déficit démocratique avait plongé le pays dans les années 90. Un participant, en l'occurence le délégué français, a souligné que ce qui se passait au Togo était exceptionnel, et qu'il revenait aux bailleurs de fonds d'être aussi exceptionnels dans les réponses à donner aux attentes du gouvernement togolais.

C'est ici que se situe l'inquiétude des observateurs avisés de la scène politique togolaise. En effet, être exceptionnel, c'est être trop différent des autres, c'est à la limite avoir peu de points communs avec eux. Le Togo est-il donc passé d'une situation exceptionnelle mauvaise, ce que la communauté internationale lui a reproché en suspendant sa coopération avec lui, à une situation exceptionnelle bonne? En somme, le Togo a-t-il fait un virage à 180 degrés? Si oui, celà ne s'appelle-t-il pas de l'instabilité? Les Togolais ne veulent pas être exceptionnels comme une curiosité sur laquelle les laboratoires de la communauté internationale testent les conclusions de la conférence d'Accra sur la coopération avec l'Afrique. Les Togolais veulent être comme tout le monde, comme les Américains, les Français, les Ghanéens, les Burkinabé, etc... Ils veulent cesser de se demander à quelle sauce ils risquent encore d'être mangés au cours de l'élection présidentielle de juin 2010. Ils veulent tout simplement se dire qu'ils sont comme tous ceux qui croient à la démocratie, qu'il suffit de faire de bonnes lois, d'avoir des institutions pour en assurer l'exécution, pour que tout se passe bien. Et à Bruxelles, en mettant l'accent sur le caractère exceptionnel du pays, les bons amis du Togo ont souligné combien les Togolais sont loin d'être des gens normaux. Et c'est inquiétant pour la suite. La véritable priorité du gouvernement HOUNGBO est de faire percevoir le Togo comme un pays normal. A bon entendeur salut...

dimanche 14 septembre 2008

Emouvants adieux à Joachim Agbobli

On pouvait croire que c'était la pluie qui tombait en ce samedi 13 septembre 2008. Non, c'était le ciel d'Adéta qui a pleuré. Il a surtout pleuré quand la cloche a sonné pour l'Angélus alors qu'on attendait l'arrivée du cercueil de Joachim Atsutsè Kokouvi AGBOBLI, comme pour le confier à la Vierge Marie. Oui, tout était au rendez vous de ces hommages à ce vaillant combattant qui a été inhumé hier. Les montagnes du Kloto se dressaient fièrement devant les yeux des amis et parents qui sont allés au cimetière, comme une troupe qui rend les honneurs et qui s'engage à veiller sur son sommeil, que dis-je sur les fruits de sa vie. En effet, ce n'est pas un homme qui a été enterré. C'est une plante soigneusement sélectionnée et traitée par l'Homme , la Nature et Dieu, qui a été mise en terre . Chaque mot écrit ou prononcé de son vivant par Joachim y croit comme une feuille ou comme une branche ou comme une racine. Chaque homme ou femme, qui les a entendus, même ceux qui ne les aimaient pas ces mots, y croit comme une fleur ou un fruit. De M. Edem Kodjo, ancien premier ministre, qui dans son oraison fort émouvante, a dit combien il aurait préféré mourir avant ce jeune frère et recevoir les hommages de son oraison, aux femmes qui martelaient le sol pour accompagner le corbillard, le message était le même: celui d'une poignante douleur, mais aussi celui du génie de l'homme, qui sait transfigurer la mort et l'inscrire comme indispensable étape d'un combat, d'une lutte pour la vie, c'est à dire de la pérennité et du progrès de l'Homme. Même s'il arrivait qu'un jour, ceux qui ont connu et aimé Joachim Agbobli quittent tous cette vie, et celà arrivera avec le renouvellement des générations, il vivrait encore dans cet éternel combat de l'Homme pour sa dignité, pour l'amour, pour la liberté, pour l'égalité.

samedi 16 août 2008

Hommages à Atutsè Kokouvi AGBOBLI





J'ai perdu un Maître; j'ai perdu un ami; j'ai perdu un patron, qui savait vous rappeler les vraies dimensions de votre collaboration avec lui tout en vous respectant. "Dircab, prière prendre dispositions." Telle était la magie de Atutsè Kokouvi Agbobli (AKA)pour mobiliser des énergies et les mettre au service des grands desseins qui l'ont habités, et qui restent les nôtres, je veux dire de ceux qui l'ont vraiment connu et qui refusent d'accepter sa mort comme la fin de ses rêves, de ses projets, de ses ambitions pour un Togo et une Afrique vraiment libres, modernes, industrialisés, développés.

Un ministre qui prie son Directeur de Cabinet: ce n'était pas de la faiblesse. C'est l'art du management, l'art d'amener les autres à servir volontairement. Dans un pays où on a pendant longtemps cru que c'est par la force qu'il faut amener les autres à donner le meilleur d'eux, il importe de souligner cette qualité particulière de Atutsè Kokouvi AGBOBLI, une qualité dont nos responsables politiques ont besoin de maîtriser l'utilisation pour remettre le pays au travail.

Le contexte dans lequel survient la mort de AKA, dont le corps a été retrouvé au bord de la mer, se caractérise par des passions électorales dans deux pays qui se partagent sa vie :

1) Les préparatifs de l'élection présidentielle de 2010 au Togo. Pour lui, comme pour beaucoup de ceux qui croient à une réelle réconciliation au Togo, cette élection doit se traduire par une alternance politique, ce qui n'est pas pour plaire à beaucoup de gens. Ce combat, dont le congrès de l'UFC et l'augmentation du SMIG et du SMAG dans la semaine au Togo ont montré qu'il était fermement engagé, ont-ils étouffé la voix de ce tribun lucide et courageux? En tout cas le communiqué officiel a conclu un peu trop hâtivement peut-être à la thèse du suicide alors que toute la presse privée togolaise parle d'assassinat.


2) Cette mort intervient aussi à quelques semaines des élections législatives en Angola, où il a de fortes attaches politiques. Il n'a jamais caché son amitié avec feu Dr Jonas Savimbi et ses amis de l'UNITA. D'ailleurs son épouse actuelle est angolaise et de surcroit ambassadeur de son pays en Pologne.


Il se trouve qu'il a toujours contesté les interventions frauduleuses des puissances étrangères dans les élections du continent pour placer leurs hommes de paille. Qui sait ce qu'il avait commencé encore à savoir à propos de ces prochaines élections?

Seul le silence est grand, disait le poète dans la mort du loup. Taisons nous parce que nous avons touché le mur de l'ignorance de ce qu'il a peut-être emporté avec lui ou caché comme un trésor pour ceux qui en sont dignes. Taisons nous avec des liens pour mieux connaître Atutsè Kokouvi Agbobli et un poème de condoléances à l'endroit de sa famille et de tous ceux que sa disparition afflige.
POEME DE CONDOLEANCES A SA FAMILLE

Nous voici à côté de vous, dans un monde
Où fête, joies et pleurs se confondent,
Souvent, pour d’un deuil partager la peine.

Car elle est triste la mort de celui qu’on aime !
Ordre dur que celui qui ôte de la scène
Nos bien-aimés, dans lesquels notre vie sème
De l’éternité avec l’amour, le socle de la foi.
Ordre dur, celui qui remplit d’émoi,
Les femmes et les hommes et fait pleurer les cœurs
Elevés pour arroser les joies semées, leurs fleurs.
Au mystère de la mort, forts de notre amour
Nous opposons celui de la vie toujours
Conquérante, qui, même par la mort sait décoller
Et élargir la quête de l’homme, dont a parlé
Souvent le ciel à des firmaments plus étoilés.


Chers Frères et Sœurs de la Famille AGBOBLI,
Daigne Dieu recevoir dans sa Paix l’âme qui nous quitte. Daigne-t-il vous consoler lui-même et vous prendre sous sa sainte garde. Parce qu’il a cru en ses idées, il y vit et chaque fois que des gens y croiront, et Dieu sait combien ils sont nombreux à y croire, celui qui aimait signer en toute simplicité AKA revivra en eux comme une étincelle de la divine vérité. Du courage.

Yempabou DJAGBA